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Situations cliniques

Pneumonies nosocomiales

Chapitre 4 du guide d'antibiothérapie empirique du CHUV (Lausanne), version 3.1. Ouvrir dans le guide interactif — molécules cliquables vers les spécialités du registre marocain, adaptation à la fonction rénale, recherche.

Repères diagnostiques

  • Les pneumonies virales ne sont pas abordées dans ce document
  • Diagnostic clinique :
  • Infiltrat pulmonaire survenant > 48h après l’admission, nouveau ou en progression
  • ET
  • > 2 critères parmi : fièvre / leucocytose (>10 G/L) / sécrétions trachéales purulentes nouvelles ou en augmentation
  • Critères de sévérité :
  • Nécessité de soins intensifs, sepsis sévère/choc septique, atteinte multi-lobaire, FiO2 > 35% (si normale auparavant)
  • Immunosuppression, inclus en particulier : patients transplantés, chimiothérapie myéloablative, traitement immunosuppresseur y.c. corticothérapie (p.ex. prednisone > 10 mg/j > 30j), infection HIV et CD4 < 200 cell/mm3, syndrome d’immunodéficience
  • Facteurs de risque pour une infection à Pseudomonas :
  • Mucoviscidose, bronchectasies, traitement immunosuppresseur, antibiothérapie préalable dans les 90 jours qui précèdent, ventilation mécanique dans le mois qui précède
  • Analyses microbiologiques : à effectuer avant l’initiation/le changement d’antibiotique
  • 2 paires d’hémocultures (dont > 1 par ponction veineuse)
  • 1 culture d’expectoration (si possible) : en cas de pneumonie non-sévère sans autre foyer infectieux suspecté, l'absence de germe à l'examen direct de prélèvements respiratoires de bonne qualité (cellules épithéliales 0 ou 1+) permet de différer l'antibiothérapie jusqu'à réception des cultures
  • Si ventilation mécanique : LBA ou mini-LBA
  • Si immunosuppression : LBA (si possible)
  • Si pneumonie sévère : urines pour antigènes pneumocoques et Legionella pneumophila (serogroupe 1)
  • Si suspicion d'empyème : ponction pleurale (culture, pH, leucocytes, LDH, protéines, autres selon situation)
  • Durée de l’antibiothérapie : 7-14j en principe, selon évolution clinique, à prolonger dans les situations suivantes : S. aureus (>14j), Pseudomonas (>14j), légionellose (>14j), abcès pulmonaire et/ou empyème (min 3-4 sem, selon évolution clinique et radiologique, avis infectiologique et pneumologique conseillé). Pour les pneumonies non résolutives, avis infectiologique et pneumologique conseillé.

Conduite thérapeutique

Traitements empiriques des pneumonies nosocomiales (infection bactérienne suspectée)

1er choixAlternative si allergiePassage poDuréeRemarques
A. Pneumonie nosocomiale non-sévère et/ou précoce (< 4j post admission)
Patient immunocompétent
Absence de risque de Pseudomonasceftriaxone iv ou amoxicilline/ac. clavulanique ivlévofloxacine po ou iv 500 mg 1x/jSelon document. microbiologique ou amoxi/clav.7jPassage po dès amélioration clinique et si absence de nausées/vomissements + transit gastro-intestinal normal
Risque de Pseudomonascéfépime ou pipéracilline/tazobactam ivciprofloxacine po 750 mg 2x/j ou iv 400 mg 3x/j + clindamycine po ou ivSelon documentation microbiologique ou ciprofloxacine 750 mg 2x/j + clindamycine> 14j
Patient immunocompromiscéfépime ou pipéracilline/tazobactam ou + clarithromycine po (iv) *ciprofloxacine po 750 mg 2x/j ou iv 400 mg 3x/j + clindamycine po ou ivSelon documentation microbiologique ou ciprofloxacine 750 mg 2x/j + clindamycine> 14jAvis infectiologique recommandé * si greffé, remplacer clarithromycine par lévofloxacine
B. Pneumonie nosocomiale avec critères de sévérité
Patient immunocompétentcéfépime ou pipéracilline/tazobactam ou imipénème ou méropénème iv Evaluer ajout d’amikacine ou tobramycine iv pdt 1-3j *Si allergie type I / anaphylaxie : ciprofloxacine iv + clindamycine iv + amikacine iv pdt 1-3jSelon documentation microbiologique ou ciprofloxacine + clindamycine7 - (10j)- Durée selon évolution clinique - Si cocci Gram+ en amas dans les expectorations et/ou portage MRSA connu : ajouter vancomycine - Si légionellose fortement suspectée ou confirmée : lévofloxacine * Aminosides : Evaluation de cas en cas selon risques de germe multi-R (p.ex. portage ESBL), de toxicité rénale. Si sepsis sévère/choc septique, 1 dose dans tous les cas Avis infectiologique recommandé : - si non réponse au tx empirique - si pneumonie à MRSA confirmée - si patient immunocompromis
Patient immunocompromiscéfépime ou pipéracilline/tazobactam ou imipénème ou méropénème iv + clarithromycine iv (remplacer par lévofloxacine si patient greffé) Evaluer ajout d’amikacine ou tobramycine iv pdt 1-3j *Si allergie type I / anaphylaxie : ciprofloxacine iv + clindamycine iv + amikacine iv pdt 1-3j- Durée selon évolution clinique - Si cocci Gram+ en amas dans les expectorations et/ou portage MRSA connu : ajouter vancomycine - Si légionellose fortement suspectée ou confirmée : lévofloxacine * Aminosides : Evaluation de cas en cas selon risques de germe multi-R (p.ex. portage ESBL), de toxicité rénale. Si sepsis sévère/choc septique, 1 dose dans tous les cas Avis infectiologique recommandé : - si non réponse au tx empirique - si pneumonie à MRSA confirmée - si patient immunocompromis

Les posologies particulières sont mentionnées en rouge dans le tableau. Pour les posologies usuelles voir p. 48-49

Remarques

  • Restreindre le spectre selon documentation microbiologique dans chacune des situations suivantes : bactériémie, liquide pleural positif, antigène urinaire pneumocoque positif, légionellose documentée (culture, antigène urinaire, PCR), > 10⁴ cfu/ml d'une bactérie pathogène dans LBA, pathogène prédominant dans expectoration ou aspiration de bonne qualité.

Références

  • Guidelines for the management of hospital-acquired, ventilator-associated, and health care-acquired pneumonia, Am J Respir Crit Care Med 2005; 171: 388-416 www.idsociety.org
  • Defining, treating and preventing hospital acquired pneumonia: European perspective. Intensive Care Med (2009) 35:9–29
Informations pour médecinsTranscription intégrale et non modifiée du Guide d'antibiothérapie empirique chez l'adulte du CHUV (Lausanne), version 3.1, mai 2016. Ce guide n'est pas un référentiel marocain : son éditeur précise que « les différences d'épidémiologie entre les hôpitaux peuvent rendre d'autres choix d'antibiotiques préférables dans d'autres établissements » et qu'un avis infectiologique est souhaitable pour toute adaptation locale.